Le chat âgé

img-chat-chartreuxNos animaux domestiques ont bénéficié ces dernières années de progrès considérables dans le domaine de la médecine et de la chirurgie vétérinaire, ainsi que dans le domaine de la nutrition. Ils ont ainsi vu leur espérance de vie presque doubler en deux décennies.

La fréquence de nombreuses maladies du vieux chat autrefois assez rarement rencontrées a donc beaucoup augmenté, non seulement de part l’augmentation du nombre de chats atteignant un âge plus que respectable (parfois plus de 20 ans !), mais aussi du fait de l’augmentation de la médicalisation de nos animaux et de la technicité croissante de nos vétérinaires dans le domaine du dépistage et des traitements.

Quelles sont les maladies du vieux chat ?

Elles sont nombreuses et concernent tous les appareils de l’organisme.

Les grandes fonctions métaboliques

Parmi les grandes fonctions métaboliques, c’est la fonction rénale qui est le plus souvent atteinte : l’insuffisance rénale chronique est la deuxième cause de mortalité de nos chats après les cancers, et peut apparaître dès l’âge de 7 ans. Cette maladie évolue d’abord à bas bruit de façon insidieuse et silencieuse, puis se traduit par une baisse d’appétit, des troubles digestifs, un amaigrissement, une augmentation de la soif et du volume urinaire, de l’hypertension artérielle… ATTENTION : un chat qui boit beaucoup et qui urine beaucoup n’est pas forcément un chat dont les reins fonctionnent bien, au contraire.
Aucun traitement ne permet d’obtenir une réelle guérison, mais des progrès considérables dans la gestion de cette maladie en terme de nutrition et de traitement médicamenteux a permis ces dernières années d’augmenter très nettement la qualité et l’espérance de vie des chats atteints. Un dépistage précoce est néanmoins indispensable.

L’appareil digestif.

Ce sont sans aucun doute les dents et les gencives qui sont les premières victimes du vieillissement, avec en particulier l’apparition de la maladie parodontale accompagnée de l’entartrement des dents. Mauvaise haleine, douleur, déchaussements dentaires, difficultés à mastiquer sont alors souvent observés. C’est pourquoi le contrôle de l’hygiène dentaire et les détartrages réguliers (sur avis du vétérinaire) sont indispensables tout au long de sa vie.

Les vieux chats sont également parfois sujets à des problèmes de constipation, appelés aussi « paresse intestinale ». Les selles s’accumulent dans le côlon et le rectum et forment de véritables bouchons, provoquant douleurs abdominales et baisse d’appétit ainsi parfois que des vomissements.

A l’inverse, avec l’âge une incontinence fécale peut apparaître avec des défécations inappropriées.

Les fonctions endocriniennes
Chez le chat âgé, c’est l’hyperthyroïdie qui est la maladie endocrinienne la plus fréquente : il s’agit d’une maladie de la glande thyroïde liée à l’apparition de nodules, en général non cancéreux, qui produisent un excès d’hormones thyroïdiennes : le chat devient hyperactif, il maigrit malgré un appétit féroce, des troubles cardio-vasculaires peuvent apparaître (atteintes du muscle cardiaque, hypertension artérielle). Les traitements actuels sont efficaces.

L’appareil cardio-vasculaire et respiratoire.

L’appareil respiratoire est relativement rarement atteint par des maladies spécifiquement liées à l’âge.

En revanche, certaines maladies du cœur sont surtout l’apanage des chats d’un certain âge. Ces maladies atteignent le muscle cardiaque et sont appelées cardiomyopathies. Elles se traduisent par un amaigrissement, un manque d’appétit, une fatigabilité excessive, ainsi que des troubles respiratoires secondaires (œdèmes pulmonaires). Des traitements existent et permettent d’augmenter l’espérance de vie des chats atteints, bien que le pronostic reste réservé dans de nombreux cas.

L’appareil locomoteur.

Les vétérinaires sont de plus en plus confrontés aux maladies des articulations favorisées par le grand âge : l’arthrose touche surtout les vieux chats et créent des handicaps et des douleurs parfois importantes. Outre des difficultés à se mouvoir et à sauter, le chat peut devenir réticent à faire sa toilette par manque de souplesse, et la qualité du poil et du pelage s’en ressent (poil terne, bourres de poils, pellicules…). Les traitements actuels sont souvent tout à fait satisfaisants tant en terme de gestion de la douleur qu’en terme de contrôle de l’évolution sur le long court.

L’appareil neurologique et les grandes fonctions sensorielles.

Tout comme les personnes âgées, une baisse parfois importante des capacités auditives apparaît fréquemment chez nos vieux animaux domestiques. Malheureusement, ce handicap est irréversible, et aucun appareillage adapté au chat n’existe qui soit susceptible d’améliorer l’audition.

La vue peut également être affectée par l’apparition d’une opacification progressive du cristallin : la pupille apparaît « bleutée » voire blanchâtre. Il s’agit de la sénescence du cristallin appelée aussi cataracte sénile. Des traitements permettent de façon plus ou moins efficace de ralentir le processus, mais jamais de revenir en arrière.

Enfin, le cerveau peut être atteint de sénescence : les cellules nerveuses ne se renouvelant pas, leur nombre diminue inexorablement avec l’âge. De plus, la vascularisation du cerveau, du fait du vieillissement de la paroi des vaisseaux sanguins, est moins performante avec l’âge et de nombreuses cellules en souffrent et disparaissent du fait de leur mauvaise oxygénation. C’est ainsi qu’un vieux chat peut « perdre la boule » et devenir sénile : malpropreté, miaulements inappropriés, somnolence prolongée ou désintérêt vis à vis de l’environnement extérieur, manque d’entrain, désorientation, troubles de l’appétit sont des symptômes couramment observés par les propriétaires d’un vieux chat. De grands progrès ont été enregistrés dans ce domaine et permettent d’améliorer significativement ces situations difficiles.

L’appareil reproducteur.

Les troubles de l’appareil reproducteur liés à l’âge sont peu fréquents du fait de la stérilisation précoce de la plupart de nos chats domestiques. Notons cependant la fréquence plus élevée chez les chattes âgées non castrées des infections de l’utérus (métrites ou pyomètres), ainsi que la fréquence des tumeurs de la mamelle (à plus de 90 % cancéreuses si la chatte n’a pas été stérilisée étant jeune.)

Quelle conduite à tenir face à ce papy boom félin ?

Cette liste de maladies n’est pas exhaustive. Chaque cas étant individuellement différent, il est important que ce soit le vétérinaire traitant qui vous conseille sur la conduite à tenir en fonction de l’âge, du passé médical, des conditions de vie et de l’examen clinique de votre animal.
Dans tous les cas, il est judicieux de faire examiner tous les chats de plus de 7 ans au moins une fois par an pour un bilan de santé. Le vétérinaire jugera alors de l’opportunité d’un éventuel bilan sanguin, d’une échographie du cœur ou de tout autre examen complémentaire qu’il jugera opportun même si vous n’avez pour votre part rien remarqué d’anormal.
Retenez que l’âge n’est en aucun cas un obstacle aux examens et aux traitements, bien au contraire. Il ne s’agit pas « d’acharnement thérapeutique » dès lors qu’il s’agit d’améliorer la qualité de vie de votre chat, et par extension la vôtre. N’oubliez pas que le vétérinaire est le meilleur ami de votre chat après vous, et que par sa formation scientifique et ses compétences il est le mieux placé pour vous conseiller et vous guider.