Le chien âgé

犬Nos animaux domestiques ont bénéficié ces dernières années de progrès considérables dans le domaine de la médecine et de la chirurgie vétérinaire, ainsi que dans le domaine de la nutrition. Ils ont ainsi vu leur espérance de vie nettement progresser en quelques années.

 

La fréquence de nombreuses maladies du vieux chien autrefois assez rarement rencontrées a donc beaucoup augmenté, non seulement de part l’augmentation du nombre de chiens atteignant un âge plus que respectable (souvent plus de 15 ans !), mais aussi du fait de l’augmentation de la médicalisation de nos animaux et de la technicité croissante de nos vétérinaires dans le domaine du dépistage et des traitements.

Quelles sont les maladies du vieux chien ?

Elles sont nombreuses et concernent tous les appareils de l’organisme.

Les grandes fonctions métaboliques

Parmi les grandes fonctions métaboliques, c’est la fonction rénale qui est le plus souvent atteinte : l’insuffisance rénale chronique est une grande cause de mortalité de nos chiens après les cancers et les maladies cardiaques, et peut apparaître dès l’âge de 7 ans. Cette maladie évolue d’abord à bas bruit de façon insidieuse et silencieuse, puis se traduit par une baisse d’appétit, des troubles digestifs, un amaigrissement, une augmentation de la soif et du volume urinaire, de l’hypertension artérielle… ATTENTION : un chien qui boit beaucoup et qui urine beaucoup n’est pas forcément un chien dont les reins fonctionnent bien, au contraire.
Aucun traitement ne permet d’obtenir une réelle guérison, mais des progrès considérables dans la gestion de cette maladie en terme de nutrition et de traitement médicamenteux a permis ces dernières années d’augmenter très nettement la qualité et l’espérance de vie des chiens atteints. Un dépistage précoce est néanmoins indispensable.

L’appareil digestif.

Ce sont sans aucun doute les dents et les gencives qui sont les premières victimes du vieillissement, avec en particulier l’apparition de la maladie parodontale accompagnée de l’entartrement des dents. Mauvaise haleine, douleur, déchaussements dentaires, difficultés à mastiquer sont alors souvent observés. C’est pourquoi le contrôle de l’hygiène dentaire et les détartrages réguliers (sur avis du vétérinaire) sont indispensables tout au long de sa vie.

Les vieux chiens sont également parfois sujets à des problèmes de constipation, appelés aussi « paresse intestinale ». Les selles s’accumulent dans le côlon et le rectum et forment de véritables bouchons, provoquant douleurs abdominales et baisse d’appétit ainsi parfois que des vomissements.

A l’inverse, avec l’âge une incontinence fécale peut apparaître avec des défécations inappropriées.

L’appareil cardio-vasculaire et respiratoire.

L’appareil respiratoire est relativement rarement atteint par des maladies spécifiquement liées à l’âge.

En revanche, certaines maladies du cœur sont surtout l’apanage des chiens d’un certain âge. Ces maladies atteignent les valvules mitrales (clapet séparant l’oreillette gauche du ventricule gauche et assurant l’étanchéité entre les deux cavités) chez lez petites races comme le caniche, le York ou encore et surtout le cavalier King Charles et sont à l’origine d’insuffisance cardiaque. Elles se traduisent par un amaigrissement, un manque d’appétit, une fatigabilité excessive, un essoufflement à l’effort, des difficultés respiratoires secondaires (œdèmes pulmonaires) et de la toux. Des traitements existent et permettent d’augmenter l’espérance de vie des chiens atteints, bien que le pronostic reste réservé dans de nombreux cas.

L’appareil locomoteur.

Les vétérinaires sont de plus en plus confrontés aux maladies des articulations favorisées par le grand âge : l’arthrose touche surtout les vieux chiens et créent des handicaps et des douleurs parfois importantes : apparaissent alors des difficultés à se mouvoir et à sauter, le chien rechigne à se promener et devient moins joueur. Les traitements actuels sont souvent tout à fait satisfaisants tant en terme de gestion de la douleur qu’en terme de contrôle de l’évolution sur le long court.

L’appareil neurologique et les grandes fonctions sensorielles.

Tout comme les personnes âgées, une baisse parfois importante des capacités auditives apparaît fréquemment chez nos vieux animaux domestiques. Malheureusement, ce handicap est irréversible, et aucun appareillage adapté au chien n’existe qui soit susceptible d’améliorer l’audition.

La vue peut également être affectée par l’apparition d’une opacification progressive du cristallin : la pupille apparaît « bleutée » voire blanchâtre. Il s’agit de la sénescence du cristallin appelée aussi cataracte sénile. Des traitements permettent de façon plus ou moins efficace de ralentir le processus, mais jamais de revenir en arrière.

Enfin, le cerveau peut être atteint de sénescence : les cellules nerveuses ne se renouvelant pas, leur nombre diminue inexorablement avec l’âge. De plus, la vascularisation du cerveau, du fait du vieillissement de la paroi des vaisseaux sanguins, est moins performante avec l’âge et de nombreuses cellules en souffrent et disparaissent du fait de leur mauvaise oxygénation. C’est ainsi qu’un vieux chien peut « perdre la boule » et devenir sénile : malpropreté, aboiements inappropriés, somnolence prolongée ou désintérêt vis à vis de l’environnement extérieur, manque d’entrain, désorientation, troubles de l’appétit sont des symptômes couramment observés par les propriétaires d’un vieux chien. De grands progrès ont été enregistrés dans ce domaine et permettent d’améliorer significativement ces situations difficiles.

L’appareil reproducteur.

Notons cependant la fréquence plus élevée chez les chiennes âgées non castrées des infections de l’utérus (métrites ou pyomètres), ainsi que la fréquence des tumeurs de la mamelle (à plus de 60 % cancéreuses si la chienne n’a pas été stérilisée étant jeune.)

Quelle conduite à tenir face à ce papy boom canin ?

Cette liste de maladies n’est pas exhaustive. Chaque cas étant individuellement différent, il est important que ce soit le vétérinaire traitant qui vous conseille sur la conduite à tenir en fonction de l’âge, du passé médical, des conditions de vie et de l’examen clinique de votre animal.
Dans tous les cas, il est judicieux de faire examiner tous les chiens de plus de 10 ans pour les petites races, 8/9 ans pour les races moyennes, 7 ans pour les grandes races au moins une fois par an pour un bilan de santé. Le vétérinaire jugera alors de l’opportunité d’un éventuel bilan sanguin, d’une échographie du cœur ou de tout autre examen complémentaire qu’il jugera opportun même si vous n’avez pour votre part rien remarqué d’anormal.
Une alimentation spécifique « senior » est également très utile : un apport en protéines de bonne qualité, un régime pauvre en graisses, un équilibre en vitamines et oligo-éléments spécifique sont autant d’atouts pour prolonger la vie de votre chien dans les meilleures conditions : Votre vétérinaire pourra utilement vous orienter dans ce choix.
Retenez que l’âge n’est en aucun cas un obstacle aux examens et aux traitements, bien au contraire. Il ne s’agit pas « d’acharnement thérapeutique » dès lors qu’il s’agit d’améliorer la qualité de vie de votre chien, et par extension la vôtre. N’oubliez pas que le vétérinaire est le meilleur ami de votre chien après vous, et que par sa formation scientifique et ses compétences il est le mieux placé pour vous conseiller et vous guider.